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GRAND PRIX DE VILAMOURA 2022 ROUND 1 - UNE FIN D’ANNEE EN EQUILIBRE ENTRE AGRESSIVITE ET PRECISION !


L'équipage Kennish/Martin - numéro de voile FRA445 - au passage de la bouée au vent derrière les champions du monde en titre Lambriex/Van de Werken NED1, et les vainqueurs du GP Fischer/Jauvin FRA44


Chers Amis,

Tout d’abord, nous vous souhaitons à tous une excellente année 2023 !


Voici quelques nouvelles de nos aventures nautiques depuis le dernier résumé que nous avons fait fin août, à l’issue du Championnat du Monde « Jeunes ». Pour rappel, nous avions terminé 19ème sur 68 et 3ème des moins de 21 ans...


En même temps que nos rentrées respectives à l’ECE (Anatole) et à l’EM Lyon (Malo), nous avons repris les entraînements à La Baule pour entamer notre deuxième saison en 49er.

Notre première compétition de cette saison a eu lieu fin Octobre sur le Lac de Sanguinet, près de Bordeaux, dans le cadre du regroupement annuel des séries Skiff (plusieurs types de dériveurs).


Etaient présents à Sanguinet tous les équipages français de 49er, 49er FX et 29er. Nous avons participé à des ateliers de team-building et d’échanges inter-séries pendant lesquels nous avons partagé nos expériences. Le stage s’est conclu par quatre jours de régate inter-séries : la Skiff Cup. Nous avons terminé 5ème au général (en temps compensé) sur 50 bateaux et 3ème des 49er, face à des équipages plus âgés et expérimentés que nous, l’un d’entre eux (Rual/Amoros) ayant participé aux jeux de Tokyo.


Les entraînements ont repris à La Baule courant Novembre, en alternance avec nos cours.

Le 7 décembre, nous sommes partis à Vilamoura (sud du Portugal) pour nous entraîner sur le plan d’eau des prochains Championnats d’Europe et du circuit annuel des Grand Prix de Vilamoura. Chaque saison, la Marina de Vilamoura organise deux rounds du Grand Prix ainsi que deux « coach regatta » (régates d’entraînement non officielles organisées par les entraîneurs). Le premier round a eu lieu du 14 au 18 décembre et le deuxième aura lieu du 12 au 16 Février 2023.


Le format de cette régate au Portugal est le même que celui des Championnats : 2 à 4 courses par jour avec 2 jours de qualification pour répartir les 48 équipages par niveau en deux flottes de 24 bateaux chacune, puis 2 jours de « finales » pour déterminer les gagnants de chaque flotte.


1er jour de qualif :


Bien que les quatre journées d’entraînement en amont de la régate nous aient habitué à des conditions de mer très techniques, à savoir une grosse houle et un clapot serré, nous ne nous attendions pas à naviguer dans un vent aussi fort, de 15-20 nœuds. Autant dire que nous avons eu notre dose d’adrénaline dès le premier jour de la régate. Nous avons couru la première manche avec un petit groupe de 18 bateaux sur 24, les 6 autres étant restés à terre, ou bien ayant dessalé ou cassé leur mat. Nous terminons 16ème. Dans la deuxième manche, dans un vent un peu moins fort, nous avons terminé 12ème. Puis, dans la 3ème manche, avec des conditions similaires à celles de la deuxième manche, nous avons franchi la ligne d’arrivée à la 4ème place. Malheureusement, à quelques dizaines de mètres de la ligne, nous avons commis une erreur de jugement en refusant un Tribord de l’équipage français Fischer/Péquin alors que nous étions bâbord amure.

Tout s’est passé très vite et nous avions cru pouvoir passer sans les gêner. Cela nous a d’ailleurs causé une grosse frayeur car nous avons évité de très peu la collision entre deux bateaux lancés à plus de 18 nœuds...


De retour à terre, nous sommes allés nous excuser auprès de nos concurrents. Après discussion, ils nous ont demandé de nous retirer de la course par fair-play car, sinon, nous aurions fini devant eux à cette manche, ce qui leur aurait couté un point (Fischer/Péquin est un des équipages favoris pour gagner la régate, et donc un point leur est très précieux). Nous avons accepté. Du coup, nous nous sommes retirés de cette manche.



2ème jour de qualif :


Gros défi pour cette deuxième journée de qualifications : nous qualifier dans le rond Or (première moitié de la flotte) malgré le forfait de notre meilleure manche la veille !

Heureusement, cette deuxième journée était un peu plus calme et nous a permis d’atteindre une vitesse exceptionnelle. Le bateau marchait très bien, notre allure au près était aussi bonne que celle des meilleurs équipages. Tactiquement, nous n’avons pas fait d’erreur. Nous avons donc fait 11ème, 11ème et 8ème lors des trois manches de cette deuxième journée. Ces résultats réguliers nous ont ouvert la porte du rond Or (24 premiers bateaux sur les 48 participants). C’est la première fois que nous nous qualifions dans le rond Or d’une régate Senior !!




Finales :


Le vent n’ayant pas été au rendez-vous de la première journée prévue pour les finales, les quatre manches de finale ont été courues au cours d’une seule journée. Etant qualifiés à la dernière place du rond or, dans une régate sans trop d’enjeu en termes de résultats, nous décidons avec le coach de nous fixer un objectif de travail – partir sur les extrémités de ligne, qui sont les plus disputées – afin d’améliorer nos départs, un domaine dans lequel nous ne sommes pas encore très à l’aise. Il faut savoir qu’un bon départ est un atout essentiel pour gagner une course. Nous commençons donc la première des quatre manches de la journée du côté du bateau comité*.


Malgré un bon départ dans la première manche de finale, nous terminons 21ème à cause d’un gybe set* (empannage rapide immédiatement après le passage de la bouée au vent) mal exécuté, au cours duquel une dizaine de bateaux nous ont « roulé dessus », nous privant de vent.

Notre deuxième manche de finale n’est pas terrible non plus – nous terminons 23ème.

Nous pensons réaliser une belle troisième manche en terminant 6ème mais nous sommes disqualifiés à cause d’un « U Flag » pour avoir mordu la ligne de départ.

Enfin, nous réalisons une bonne quatrième manche que nous terminons à la 15ème place, malgré un gros incident en début de parcours…. Voilà comment ça s’est passé :

A l’approche de la bouée au vent, nous étions sur le cadre* gauche, bâbord amure*... Nous voyons arriver un gros paquet de bateaux sur le cadre droit, donc en tribord amure. A ce moment-là, nous étions dans les 5 premiers. Une option prudente aurait été d’abattre pour passer derrière le paquet, mais au prix d’une dizaine de places, donc hors de question… on se prépare donc à virer et à faire un « bord breton* » au plus près du vent pour passer la bouée devant le paquet. Problème : il y a un bateau polonais sur le même bord que nous, à notre vent*, lui aussi en bâbord amure, qui nous empêche de virer. Nous nous retrouvons donc pris en sandwich entre le bateau polonais au vent et le paquet de bateaux en tribord amure. Pas moyen de virer tant que le Polonais au vent ne vire pas…

…et il n’a pas viré… donc on n’a pu virer nous même qu’au dernier moment, mais c’était trop tard pour éviter le contact.

Du coup, on percute le leader du paquet, un autre équipage polonais, puis on tape le bateau au vent qui nous avait empêché de virer, après qu’il ait lui aussi finalement viré… Par chance, pas de bobo (à part quelques accrocs sur les coques) et personne ne réclame (nous non plus d’ailleurs) … et donc on continue la course ! Il y a des fois ou ça passe, même quand ça casse un peu…

Il faut dire que dans cette situation, le débat autour du tapis vert aurait été assez compliqué. Selon les règles de course :

  • Règle 10 : laisser passer les bateaux en tribord amure… évidemment !

  • Mais Règle 18 : laisser de l’eau (de la place) a un bateau engagé (bateau dont l’étrave dépasse notre tableau arrière) pour éviter un obstacle (dans notre cas, le paquet de bateaux sur l’autre bord) – une règle qui pourrait s’appliquer de deux manières :

o Nous avons demandé de l’eau au polonais au vent (qu’il vire) pour que nous puissions aussi virer devant le paquet… ce qu’il n’a pas fait, nous obligeant à continuer sur notre bord…

o Le polonais au vent aurait pu nous demander de l’eau (que nous abattions) pour qu’il puisse aussi abattre afin de passer sous le paquet tribord – ce qu’il dit avoir fait mais que nous n’avons pas entendu dans le feu de l’action…


  • Enfin Règle 14 : Eviter le contact, même si en situation de priorité !

  • On aurait aussi pu invoquer la règle 13 qui stipule qu’on n’acquiert de priorité que lorsqu’une manœuvre (ex : un virement de bord) est terminée – donc pas de priorité pendant le virement… et la règle 15 : Quand on acquiert une priorité, il faut laisser aux autres le temps de manœuvrer pour respecter cette priorité…




En conclusion, il faut avouer qu’on a été un peu agressifs a Vilamoura...

  • En refusant un tribord a Fischer/Pequin pendant les qualifs, ce qu’on a payé cher en s’auto-punissant par un retrait…

  • En mordant la ligne de départ de la troisième manche de finale, qu’on avait si bien maitrisée par ailleurs, nous privant d’une 6eme place

  • En évitant de justesse la catastrophe pendant la quatrième manche… Honnêtement, on aurait dû abattre en grand pour laisser passer le paquet qui arrivait tribord amure, et laisser passer le polonais à notre vent qui était engagé sur nous et à l’intérieur quand nous avons pénétré dans la zone des trois longueurs* autour de la bouée au vent.

Sans ces trois erreurs, on aurait pu finir 19ème de la régate (au lieu de 23ème). Quatre places perdues… Pas énorme, mais c’est ce qui fait la différence pour réussir une qualification ou monter sur un podium…

La morale de l’histoire : Quand on joue dans la cour des grands, il faut savoir être agressif tout en respectant les règles, dont certaines ne pardonnent pas ! Les équipages les plus performants sont toujours sur une ligne d’équilibre difficile entre agressivité et respect des règles.


J’espère qu’on ne vous a pas trop gavé avec tous ces détails techniques. Mais ils font partie du plaisir de régater, et nous voulions le partager avec vous.

Nous sommes très contents de notre expérience au Portugal car nous sommes enfin entrés dans le rond Or dans une régate Senior. C’est une étape importante ! Et ce n’est pas fini. Après une pause de fin d’année en famille, nous repartons en entrainement à Vilamoura dès le 6 janvier et nous entrons dans le deuxième round du Grand Prix de Vilamoura du 12 au 16 février.

La suite au prochain numéro. Merci encore pour votre soutien.

Lexique :

Bateau comité : Navire hébergeant le comité de course, donnant les signaux de départ d’une régate et marquant l’extrémité droite de la ligne de départ, l’autre extrémité étant marquée par une bouée.

Gybe set : manœuvre consistant à empanner rapidement après le passage de la bouée au vent.

Empannage : manœuvre consistant à changer de bord au vent arrière.

Bouée au vent : première bouée à passer après le départ se situant quelques centaines de mètres au vent du départ. On la laisse à bâbord (de droite à gauche en regardant le vent).

"A notre vent" : entre nous et le vent

Cadre : Route la plus directe pour le nombre de manœuvres le plus réduit.

Babord amure / tribord amure : bateau qui reçoit le vent par babord / tribord

Zone des trois longueurs: Cercle de rayon, 3 longueurs de bateau, et de centre, la bouée, dans laquelle la règle 18 est appliquée


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