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RÉSUMÉ DES CHAMPIONNATS DU MONDE DE VOILE 2023 LA HAGUE 11-16 AOUT 2023



Tous les quatre ans depuis 2003, World Sailing (l’organisme reconnu par le Comité Olympique International régissant la voile de compétition) organise les Championnats du Monde Senior de voile, un an avant les Jeux Olympiques.

Cet évènement réunit les meilleurs équipages des 8 séries olympiques et des 2 séries paralympiques de voile sur un seul et même plan d’eau.

L’édition 2023 de cette régate a eu lieu en mer du Nord, à la Hague, à quelques kilomètres de l'embouchure de la Nouvelle Meuse (Nieuwe Maas), qui donne accès au port de Rotterdam.

Nos bonnes performances à la World Cup de Palma (début avril), à la semaine olympique française de Hyères (fin avril) et à la coach regatta de Marseille (début mai) nous ont permis de nous qualifier pour cette régate. Nous avons donc eu la grande fierté et le plaisir de faire partie de la délégation des 52 athlètes français participant à ces Championnats du Monde de voile.


Voici un petit résumé de cette régate prestigieuse.


J-5 avant le début de la régate


Malgré une semaine de repos passée en famille, nous arrivons à la Hague avec nos résultats mitigés du Championnat du Monde Jeunes (moins de 23 ans) de juillet toujours en travers de la gorge. Nous étions encore sous le choc de notre contre-performance et voyions arriver à grand pas l’immense challenge du Championnat du Monde Senior, face aux équipages les plus expérimentés, dont tous les équipages olympiques du monde.


J-1


Après quelques jours d’entraînement, nous participons à la “Practice Race”, manche d’entraînement faisant office d’échauffement pour les coureurs et les organisateurs. Comme tous les jours à La Hague, le courant est fort. La mer du Nord et la Manche s’échangent des quantités astronomiques d’eau à chaque marée, générant des courants de plus de trois nœuds dans les zones de courses. Ce jour-là, le vent est faible. Nous sommes donc d’autant plus impactés par le courant.

La practice race commence. Comme la majorité de la flotte, nous ne sommes pas habitués à naviguer dans un courant aussi fort. Nous prenons un mauvais départ mais quelques bonnes décisions stratégiques nous permettent de gagner beaucoup de places. Nous terminons dans le premier tiers de la flotte des 35 bateaux qui ont participé à cette course (à laquelle la participation n’était pas obligatoire).

La cérémonie d’ouverture a lieu le soir même. Un beau spectacle qui nous rappelle l’ampleur de l'événement.



A 21h, les flottes de qualifications sont annoncées pour les courses du lendemain : les 83 équipages sont répartis en trois flottes de 28 bateaux.


JOUR 1 - Qualifications 1

CONDITIONS :

VENT : 8 noeuds

MER : clapot

COURANT : fort

NB DE MANCHES : 3


C’est le jour J. Nous entamons notre journée en savourant un copieux petit déjeuner composé d'œufs cocotte agrémentés d'un mélange de trois condiments de Lee Kum Kee : la poudre d'assaisonnement aux champignons de qualité supérieure (Premium mushroom seasoning powder), l'huile pimentée Chiu Chow Chili Oil, et la sauce soja réduite en sel de Lee Kum Kee (Lee Kum Kee reduced salt soy sauce). Cette délicieuse combinaison nous offre non seulement une explosion de saveurs, mais aussi les nutriments essentiels et l'énergie dont nous avons besoin pour commencer ce championnat du bon pied.


Les conditions sont similaires à celles de la veille. Nous commençons très bien la première manche en prenant un bon départ au viseur et en continuant à gauche dans du vent frais. L’angle et la force de vent favorables nous permettent de gagner rapidement la bouée au vent et de l’enrouler en 5ème position. Nous perdons une place au deuxième près et terminons la manche 6ème sans perdre de place au portant.

Deuxième manche plus compliquée. Nous tentons de prendre un départ au viseur comme à la première. Mais cette fois, une risée arrive vers le milieu du parcours et bénéficie aux équipages s’étant placés à notre vent. Plus haut et plus vite, ils prennent un avantage sur le paquet du viseur dans lequel nous nous trouvions. Nous avons pensé à virer et passer sous le dévent de la flotte pour bénéficier aussi de cette zone de pression mais nous avons pris la mauvaise décision de continuer vers la gauche. 24ème à l’arrivée.

La troisième manche est réussie. Départ au comité, on vire tôt pour aller vers la droite dans du vent frais et avec un bon angle et de la vitesse, on vire pour accompagner la flotte vers la gauche. De bons placements pour gérer le risque nous permettent de ne perdre aucune place. Nous finissons 2ème. Yahoo!

Le classement général est flatteur. A l’issue de la première journée de qualifications, nous sommes 11èmes au classement général et surtout 1er bateau français ! Malheureusement notre moment de gloire ne durera pas longtemps…



Jour 2 - Qualifications 2


CONDITIONS :

VENT : 15-16 noeuds

MER : houle + clapot

COURANT : fort, même sens que le vent

NB DE MANCHES : 3


Au deuxième jour, les conditions sont différentes : 15-16 nœuds, courant fort dans le même sens que le vent. Nous savions que nous n’étions pas aussi rapides dans les conditions musclées et que nous allions devoir limiter la casse pour ne pas perdre trop de places au classement général.

Dès les premiers essais de vitesse en préparation de cette journée, on se rend compte qu’on navigue plus bas et moins vite…

Les trois manches de la journée sont difficiles. Nous scorons deux manches de 21 et une de 19. Même avec un bon départ, comme à la deuxième manche, on ne tient pas au près et on enroule la première bouée au vent à chaque fois dans le dernier paquet.

À peine de retour à la base, nous nous remontons le moral avec un savoureux sandwich au poulet, agrémenté d'huile de sésame de chez Lee Kum Kee (Lee Kum Kee pure sesame oil). C'est un régal parfait pour une récupération optimale avant l’ultime journée de qualifications.



JOUR 3 - Qualifications 3

CONDITIONS :

VENT : 13,7 noeuds

MER : houle + clapot

COURANT : fort, même sens que le vent

NB DE MANCHES : 3


Troisième et dernier jour de qualifications avant les finales. Le vent est légèrement moins fort. L’objectif est clair : réussir à être rapide au près pour avoir les armes qui nous permettent de se battre aux avant-postes.

Malheureusement la première manche se déroule comme les trois de la veille. 19ème à l’arrivée. La deuxième est un petit peu mieux : 18ème. Le vent commence à tomber. A la troisième, plus qu’une dizaine de nœuds de vent. Nous terminons 16ème.

En rentrant à terre, nous regardons notre classement général : 52ème. Les qualifications étant terminées, nous calculons la place à laquelle se clôt le rond argent. 83 bateaux au total, un rond or à 25 bateaux, comme à toutes les régates de 49er organisées par World Sailing. Cela laisse donc 58 bateaux à partager entre le rond argent et le rond bronze, soit deux flottes de 29. 25+29=54. Le rond argent commence donc à la 26ème place et se termine à la 54ème place. Cela veut donc dire que nous sommes qualifiés en rond argent à nos premiers Championnats du Monde Senior !! C’est top !!

Notre engouement pourrait vous paraître excessif, mais nous étions vraiment contents de rejoindre ce rond argent qui semblait nous avoir échappé après la journée médiocre que nous venions de faire...

Maintenant, place au repos avec une journée pleinement consacrée à la récupération. Au programme : réveil musculaire, rendez-vous kiné et sieste l’après-midi. Notre récupération est facilitée par un excellent sandwich à l'huile de sésame Lee Kum Kee, puis par un nouveau petit-déjeuner super-copieux à base de nouilles végétariennes. Le tout accompagné de sauce soja réduite en sel et de poudre de champignons premium, qui ont indubitablement contribué à maintenir notre forme physique et notre concentration tout au long de la journée.


Jour 4 - Finales 1

CONDITIONS :

VENT : 10,1 nœuds

MER : houle + clapot

COURANT : plus faible que d’habitude mais croissant

NB DE MANCHES : 3


En ce début de première journée de finale, nous sommes reposés et détendus. Les conditions sont légères, semblables à celles de la première journée de qualifs. Les derniers jours de régate nous ont bien fait comprendre quelles étaient nos forces et nos faiblesses. Nous savons donc qu’avec de telles conditions, nous sommes capables de faire aussi bien que pendant la première journée.

Nous arrivons sur la zone de course. Les bords de près que nous tirons avec nos compatriotes Julien D’Ortoli et Noé Delpech (5èmes aux jeux de Rio 2016) eux aussi dans le rond argent nous rassurent. Cette fois, nous sommes aussi rapides qu’eux.

Les trois manches de la journée se déroulent super bien. Nous scorons 3, 5, 3, ce qui nous fait grimper à la 37ème place au général, 11ème du rond argent en réalisant la meilleure journée de la flotte. De bons départs suivis par de bons bords de près dans du vent frais nous permettent d’être aux avant-postes dès le début des trois manches. Ce sont aussi la bonne gestion du risque et le fait d’avoir navigué en rythme avec la flotte qui nous ont permis de maintenir notre bon positionnement et de rester dans le top 5 à tous les passages de bouées.



JOUR 5 - Finales 2

CONDITIONS :

VENT : NW, 12 noeuds rafales 15+

MER : houle + clapot

HEURE DE LA PREMIÈRE MANCHE : 17h

NB DE MANCHES : 3


Dernier jour de finale : vent 12 nœuds avec des rafales à 15 -16 nœuds et une mer agitée, causée par un courant fort dans le sens opposé du vent. Rebelotte. On ne tient pas du tout au près.

Première manche : on prend un départ au comité. Très peu de temps après le départ, les bateaux au vent nous roulent dessus. Pas moyen de remonter, on termine 22ème.

Deuxième manche : on décide de partir en bâbord car on n’a pas la vitesse pour tenir en tribord après le départ. Cette technique de départ, bien que risquée, nous permet de faire un virement de moins et de naviguer rapidement dans du vent frais vers la droite du plan d’eau. Le problème est que la gauche du plan d’eau s’avère favorable dans cette manche et nous ne sommes toujours pas rapides au près. Impossible de rattraper, nous terminons donc 23ème.

Troisième et dernière manche de la régate : nous tentons de prendre un bon départ en bâbord comme à la deuxième pour ensuite virer dans du vent frais et partir à gauche. Malheureusement, un bouchon se crée au comité à cause d’un paquet de bateaux retardataires (illustration parfaite du risque typique d’un départ bâbord). Cela nous force à virer. Nous partons donc en tribord en deuxième rideau. Notre vitesse toujours inférieure à celle des autres ne nous permet pas de remonter la pente. Sans trouver de vent frais, on termine à nouveau 23ème.



Conclusion

Dans l’ensemble, ces premiers Championnats du Monde Senior de 49er ont été extrêmement formateurs. Nous avons été confrontés aux meilleurs équipages du monde, pendant la période la plus compétitive d’une préparation olympique qui dure quatre ans, et sur un plan d’eau particulièrement exigeant du fait de son courant très fort.

D’un côté nous sommes contents de nos bons résultats des premières journées de qualification et de finale, qui ont eu lieu dans du vent léger. Au total, c’est quand même 5 manches dans le top cinq, soit un tiers des manches courues pendant cette régate !

D’un autre côté, nous nous sommes rendu compte du déficit de vitesse effrayant que nous avions au près dans du vent plus fort. En observant nos traces GPS et les data qu’on peut en tirer (vitesse, angle par rapport vent, VMG), nous avons constaté que notre VMG (Velocity Made Good, vitesse par rapport à l’axe du vent) était en moyenne entre 0,5 et 1 nœud en dessous des meilleurs équipages. C’est une différence énorme !


Cet écart peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • La technique : La conduite au près est un art qui nécessite d’être à l’angle de près idéal pour naviguer à la fois vite et proche du vent. En 49er, cet angle est entre 45 et 50° par rapport au vent. En plus de trouver cet angle idéal et le maintenir, l’équipage doit tout faire pour ralentir le moins possible dans le clapot ou dans les molles, puis accélérer le plus possible dans les risées et dans les surfs. Un principe fondamental du 49er pour être rapide est de naviguer à plat. L’assiette du bateau se contrôle avec le poids des équipiers, la tension des écoutes, du gréement et des voiles. L'équipage doit trouver la bonne combinaison et l’ajuster en permanence pour être le plus efficace.

  • Les réglages. Nos repères de réglages étaient un peu perturbés car nous naviguions pour la première fois avec un mât de nouvelle génération (ce qui était une obligation pour participer à ce Championnat du Monde). En effet, jusque-là, le gréement que nous utilisions et auquel nous étions habitués était de la génération précédente.

  • La coque. Notre coque datant de 2018 n’est pas aussi rigide et lisse que les coques neuves des meilleurs équipages et donc passe moins bien dans le clapot et les risées.

  • Les voiles : Le foc et le spi que nous avons utilisés pour la première fois l’année dernière au lac de Côme ne sont plus aussi bien formés. La grand-voile en carbone que nous utilisons depuis janvier a maintenant plus de 100 jours de navigation car elle est notre seule voile en carbone, et nous l’utilisons donc aussi en entraînement.

  • Enfin, le poids de l’équipage : A 155 kg, nous ne sommes pas au poids idéal et ne pouvons pas faire face à des équipages de 165 kg. Les 10 kg de plus ont un réel impact dès que le bateau commence à être surpuissant, (càd vent >12 nœuds) parce qu’ils permettent de garder l’assiette du bateau bien à plat et d'utiliser toute la puissance du vent.

Ce qu’il nous reste à faire jusqu’aux Championnats d’Europe de novembre prochain à Vilamoura, au Portugal, est très clair. A nous d’élever notre niveau de jeu et de nous mettre dans de bonnes conditions pour être compétitifs à ce dernier championnat de l’année !


Merci à nos sponsors pour leur soutien sans faille :

  • La société Lee Kum Kee, pour leur soutien financier et les sauces magiques qui agrémentent nos repas, les rendant aussi fun que nutritifs

  • La Fédération Française de Voile, qui nous fait confiance depuis 2 ans (bateau, coach, préparation physique et mentale, camion, remorque, etc..) et qui nous a sélectionné pour les Mondiaux de La Hague

  • L’ECE, une école d'ingénieur qui accompagne ses étudiants sportifs de haut niveau, pour son soutien financier

  • La société Vaikobi, pour la fourniture de combinaisons isothermes performantes

  • Figaro Nautisme et Météo Consult, pour leur soutien médiatique et météorologique


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